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Nous regardions l'hiver et l'hiver nous regardait. Ses oreilles étaient couchées et ce n'était pas bon signe.

On nous avait donné un seau plein de viande saignante. Un peu dégoûtés, nous en sortîmes ce qui ressemblait à une grosse côte. C'était du bœuf. En voyant la viande, l'hiver se mit à gronder. Mais ses oreilles n'étaient plus couchées, la nourriture lui plaisait.

Nous la lançâmes devant nous et il se jeta dessus. Tandis qu'il se régalait, nous pûmes nous approcher et le caresser sur son crâne plat.

Il était parfaitement apprivoisé. Sa fourrure était chaude mais sous les poils, tout au fond, couraient des orages.

Il embarqua dans notre voiture et nous le ramenâmes chez nous. Nous avions tout préparé. Sa nourriture et les coussins où il allait dormir. Durant le trajet, il s'endormit sur le siège arrière. Nous nous réjouissions du nouvel hôte que notre maison allait héberger.
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